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Mise à jour de la page: 9 nov. 2012

Ce que je veux te dire...

Vous m'avez écrit. Je vous ai répondu...

SUICIDE - A toi qui souffres beaucoup et qui voudrais en finir...

DEPRESSION - A toi qui es à bout...

DEPRESSION - A toi qui as besoin qu'on te tende enfin la main...

ANOREXIE - A toi qui ne supportes plus la nourriture...

ANOREXIE - A toi qui as 15 ans, qui es perdue et qui t'isoles...

ANOREXIE et BOULIMIE - A toi, la Maman qui souffre de voir son enfant souffrir...

BOULIMIE - A toi que ton corps dégoûte...

SUICIDE et DEPRESSION - A toi qui penses que c'est trop tard...

Pour m'écrire: boulianaATbouliana.com

Commence par déposer quelques mots...crie ou chuchote, c'est comme tu veux...

 

 

SUICIDE - A toi qui souffres beaucoup et qui voudrais en finir...

Tu me dis dans ton mail que depuis des années, tu souffres et que tu es à bout. Tu m'écris que tu craques, que tu pleures souvent, que tu ne dors pas beaucoup, et que tu penses à la mort. Tu m’expliques aussi que jamais personne ne t’a jamais tendu la main, que tu n'es suivi par aucun psy, juste par un médecin qui renouvelle tes ordonnances. Tu me dis que tu veux en finir, et que tu es déterminé.

Je veux d'abord te dire que je comprends ton angoisse et ta souffrance, je sais tes crises de larmes et l'envie de mourir...Je comprends car je l'ai vécu. Je sais aujourd'hui que la dépression est un passage et qu'on en sort. Je te promets que ta souffrance ne durera pas toujours. La dépression est une maladie, elle peut se soigner, elle a un début et une fin.

Il t'a forcément fallu beaucoup de courage pour tenir bon jusqu'ici...Garde ce courage, cette vraie force que tu as en toi, et continue à t'accrocher.

La souffrance et l'envie d'en finir, ce n'est pas un choix, c'est un hurlement de vide à l'intérieur...Tu m'écris que tu n'a parlé à personne de tes idées de suicide. Cette souffrance te ronge à l'intérieur, elle doit sortir de toi, être entendue et accueillie, ne garde pas ta détresse pour toi.

Je te souhaite de trouver la ou les personnes en qui tu auras confiance et qui te permettront d'aller un peu mieux...Un psychologue, ou un psychiatre, par exemple, pourrait t'accompagner...Tu n'as rien à perdre. Juste parler, et voir si ça te fait un peu de bien. Ca vaut le coup d'essayer. Qu’en penses-tu ? Un médecin, un psy, un ami, une association, et pourquoi pas quelqu'un au téléphone qui ne jugera pas…Appelle-les, dis-leur que c'est moi qui t'envoie: http://www.sos-suicide-phenix.org/ , http://www.sos-amitie.com

Calimera

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DEPRESSION - A toi qui es à bout...

Tu évoques avec pudeur une enfance heurtée et une adolescence malmenée, un épuisement et une perte de sens. Tu me dis que tu en as marre de jouer un rôle, que tu es fatiguée de faire comme si tout allait bien pour masquer ta souffrance. Tu écris que tu n'as plus goût à rien, que tu n'en peux plus des insomnies et des crises d'angoisse. La vie n'a pas été douce avec toi jusqu'ici...J'imagine ta souffrance accumulée, ton ras le bol et ta douleur. Tu me dis que tu n'y arrives plus et que tu as des idées noires.

Tu me dis aussi que pour toi "c'est trop tard", que le mal est fait, que le passé est ce qu'il a été et ne changera pas. Même si tu garderas les cicatrices des traumastismes qui ont été les tiens, tu peux apprendre à parler de tout ça au passé et laisser derrière toi, sans le nier, tout ce qui te pèse aujourd'hui.

Je veux aussi te dire qu'il n'y a pas d'âge pour commencer à aller mieux...et que que c'est justement avec ce regard et ces ressources de l'adulte que tu es aujourd'hui que tu pourras te re-construire. Un enfant qu'on a pas su protéger, ni aimer, ni rassurer, peut mettre plusieurs années à reprendre confiance en la vie et en l'humanité, pas à pas, avant de renaître un jour, peu à peu, au fil de rencontres qu'on n'espérait plus.

Tu m'écris que tu ne veux plus te battre, que tu ne crois plus en rien ni personne. Il y a des solutions pour tout. Quand on va mal, on n'arrive pas à voir ces solutions parce que la douleur morale, ça assomme...Mais il y a des moyens de t'aider...Il y a des professionnels prêts à t'accompagner. Reprends le combat. Va là où on t'aidera à fabriquer tes armes. Et tu gagneras!

Tu as vu un psy il y a peu, mais que tu t'es sentie mal à l'aise...c'est tout à fait normal...n’abandonne pas maintenant, laisse-toi accompagner. Reprends rendez-vous. Et tiens-moi au courant.

J'attends de tes nouvelles,

Calimera

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DEPRESSION - A toi qui as besoin qu'on te tende enfin la main...

S'accrocher comme tu l'as si souvent fait dans ta vie, c'est courageux, mais ça épuise, et parfois aussi, ça fragilise. C'est pour ça que, même si on est courageux, on peut un jour avoir besoin de soutien pour remonter la pente. Et quand on est "cassé" comme tu l'écris, alors on a besoin de béquille, le temps de se réparer. J'espère que ton psy est correct et qu’il t’apporte la qualité de soutien que tu mérites. Continue à prendre tes anti-dépresseurs, c'est vraiment important. Le traitement va t'aider. Et la psychothérapie va te permettre de guérir durablement.

La souffrance est un symptôme, ce n’est pas toi. La dépression est une maladie, transitoire, dont on guérit. Il y a des moyens de t'aider et tu as fait dernièrement les choix qui mènent à la guérison: suivi psychologique, traitement, verbalisation...Bravo! car ce n'est pas facile d'oser ces démarches.

Tu as des ressources en toi pour aller mieux. Tu as besoin de te reposer un peu et de te laisser aider enfin. Ensuite, fais-toi confiance, tu te reconstruiras. Tu t'es isolé, par excès de souffrance. Mais peu à peu, tu reprendras contact. Avec la vie, avec les autres, avec la douceur, et avec toi.

Tu as peur de me déranger en m’écrivant et tu dis que tu ne veux pas prendre trop de mon temps…Sache que je suis heureuse que que tu me fasses cadeau de ta confiance et de pouvoir te répondre. Sur le forum, tu as tout l'espace que tu veux pour t'exprimer, c'est là pour toi. Les autres seront heureux de pouvoir t'écouter et te soutenir. Alors, n'hésite pas.

Calimera

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ANOREXIE - A toi qui ne supportes plus la nourriture...

Dans ton mail, tu évoques en filigrane une détresse quotidienne, une restriction alimentaire obsédante, et en même temps une hyperactivité qui te permet, me dis-tu, de tenir...Tu réussis brillamment tes études, tu as des loisirs, mais tu me dis aussi que tu es de plus en plus fatiguée, que tu fais des malaises, que tu as du mal à te concentrer et rester assise en cours, et que tu as toujours très froid.

Je pense que la première chose à faire, c'est de voir ton médecin généraliste. Il faut être certain que la fatigue et la perte de poids n'est pas liée à une autre maladie. Tu n'es pas obligée de parler de ton alimentation, et je sais que tu ne le feras pas. Mais tu peux dire que tu te sens fatiguée, que ce sont tes partiels à la fac qui te stressent. Tu peux voir ton médecin bientôt?

Tu me demandes pourquoi on devient anorexique. Les raisons sont liées aux individus concernés et donc tout aussi variées que les histoires personnelles. Pour ma part, sans évoquer les causes, il y avait trois point de blocage : le psychologique, le contrôle que je ne voulais pas perdre ; le corporel, la peur de grossir, et le dégoût de mon corps ; et le physique, car manger était douloureux, mon estomac ne supportant plus ni la nourriture ni la satiété ni la digestion.

Tu me dis qu'en réalité, ce n'est pas que tu n'aies plus faim, mais plutôt que tu luttes en permanence contre la faim. Nier la faim, dénier la maladie, faire abstraction du froid...c'est un peu comme se mettre distance de son propre corps, mais peut-être aussi se mettre à distance de soi. Qu'en penses-tu?

Je trouve que tu traites ton corps très durement : tu l'affames ; tu ne l'écoute pas quand il te parle ; il te dégoûte (mais est-ce bien lui qui t'inspire ça?)... Je me demande bien ce qui, dans ton histoire, a fait que tu sois aussi dure avec toi-même...

En quoi c'est important pour toi de ne pas manger? Qu'est-ce qui se passerait pour toi, si tu parvenais à manger juste un tout petit peu plus?

Calimera

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ANOREXIE - A toi qui a 15 ans, qui es perdue, qui t'isoles et qui maigris...

Dans ta lettre, tu m'écris que depuis un an, tu t'enfermes dans ta bulle, que tu ne parles à personne au lycée, que tu t'isoles de plus en plus. Tu m'expliques aussi que tu te sens perdue, que tu ne sais pas quel métier tu dois faire, que tes profs t'énervent. Puis tu m'avoues que tu as beaucoup maigri, que la nourriture et les calories te dégoûtent, et que tu n'as plus tes règles, mais que tout ça te convient très bien parce que tu aimes "contrôler ton corps".

Tu as 15 ans, c'est tôt pour savoir exactement quoi faire comme métier. Laisse-toi le temps. Tu as le droit de ne pas savoir. C'est normal. Choisis peut-être une filière généraliste, qui t'ouvrira des portes plutôt que d'en fermer. Va d'abord où ton cœur te porte, et élargis les pistes. Offre-toi tous les possibles. Dis-toi bien aussi que tu pourras même changer d'avis. La formation est possible tout au long de la vie. Et même exercer plusieurs métiers...Après tout, pourquoi s'enfermer dans un rôle quand on peut, au fil du temps, varier les plaisirs?

Tu sais, l'anorexie est une véritable descente aux enfers. Au début, tu redoubles d'énergie et tu as l'impression de te contrôler. Mais c'est une illusion car en réalité, c'est la maladie qui te contrôle. Sache que plus tôt tu stoppes le processus, moins graves seront les dégats, et plus vite tu t'en sortiras. Tu es encore en pleine croissance...Prends soin de toi et de ton futur. Un jour, tu auras besoin de ton corps.

Personne dans ton entourage ne s'est aperçu de ce qui est en train de passer pour toi?
Est-ce que d'après-toi, il y a des causes à ce qui se passe en ce moment en toi? Il s'est passé quoi, dans ta vie, il y a un an?

Tu ne souffriras pas toujours, non. Les difficultés que tu rencontres au lycée et depuis le collègue, elles ne dureront pas toute ta vie. La personnalité et le comportement peuvent évoluer, au fil du temps et des rencontres. Le regard que l'on pose sur soi et sur le monde aussi. Mais cela prend du temps. As-tu des idées d'actions que tu pourrais mettre en place pour sortir de ta bulle?  T'inscrire à une activité de loisir par exemple? Tu me dis que tu aimes les chevaux, mais que tu ne montes pas, mais tu pourrais donner un coup de main bénévolement dans le centre équestre? Tu as d'autres idées, peut-être?

N'abandonne jamais. Accroche toi toujours, ça vaut le coup... Et, approche, je vais te confier un secret : le meilleur est à venir!

Calimera

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ANOREXIE et BOULIMIE - A toi, la Maman qui souffres de voir son enfant souffrir...

Tu m'écris que tu es inquiète et te sens démunie car ta fille, adolescente, souffre de troubles du comportement alimentaire. Je comprends ton sentiment d'impuissance, mais je trouve que tu as réagi comme il est nécessaire de réagir. Ta fille a de la chance de t'avoir pour mère. Tu ne l'as pas secouée car elle se serait braquée. Tu peux te féliciter d'être passée à l'action: tu as pris rendez-vous pour elle chez un médecin, puis chez un psy. Tu accompagnes ta fille à ses séances et tu l'attends dans la voiture.

Le traitement de l'anorexie et de la boulimie est basé essentiellement sur la psychothérapie. Que ta fille voie un bon psy. et un médecin généraliste compétent est indispensable. Un suivi par un psychiatre ou un psychologue est indispensable pour guérir de manière durable. Un suivi médical est également nécessaire pour surveiller le poids et les constantes biologiques (notamment le fer, le potassium, etc). C'est leur rôle à eux de prendre en charge la guérison de ta fille. Ton rôle à toi est celui d'une maman: l'aimer, lui dire que tu ne peux pas accepter qu'elle se fasse du mal, et être présente.  

Le fait d'être là pour elle, de l'accompagner au jour le jour, de l'aimer...c'est déjà une belle manière de l'aider. Tu peux lui dire, aussi, que tu l'aimes. Que tu as peur de la perdre. Que tu es là, et que tu seras toujours là pour elle...

Si tu souhaites en discuter sur le forum, parce que toi aussi, en tant que mère, tu souffres de cette situation, tu y es la bienvenue.

Calimera

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BOULIMIE - A toi que ton corps dégoûte...

Tu décris très bien le quotidien et les peurs liées à la boulimie...Tout semble tourner autour de la nourriture ; avec elle tu te rassures, avec elle tu t'anesthésies. Tu oublies tout, me dis-tu, mais quoi exactement? Le vide? La souffrance? As-tu déjà réfléchi à ce que tu avais besoin d'oublier ou de combler? Tu me dis que c'est toi, que tu vomis...Qu'est-ce que tu veux rejeter de toi, exactement?

Ce que tu vis n'est pas facile...Ton rapport avec la nourriture est problématique, et ton rapport avec ton corps est conflictuel...Impossible de se sentir bien dans ces conditions!

Les "crises de bouffe" que tu décris, la culpabilité, les tentatives de compensation par le sport, le fait de ne pas accepter ton corps...tout cela, tu le sais, est un trouble du comportement alimentaire, la boulimie. Certaines se font vomir, d'autres non. La première chose que tu dois savoir c'est que la boulimie est une maladie, pas un vice. Et cette maladie se soigne. Et plus tôt on s'attaque au mal, plus vite on en guérit. Car on s'en sort!


La boulimie fait que tu vas t'isoler socialement de plus en plus, pour "criser tranquille", pour ne pas devoir manger en public, pour cacher ta honte, etc...Ne t'enfonce pas plus profond dans cette spirale infernale. Oui, mais comment, me diras-tu...Il suffit parfois d'un déclic, d'une rencontre pour commencer à aller mieux, pour faire un premier pas vers la guérison. As-tu été suivie par un psy?

Tu sais, la boulimie est une maladie, et par conséquent, elle se soigne avec l'aide de professionnels. La boulimie n'est pas une fatalité, c'est une stratégie que tu as trouvée pour t'adapter à tes difficultés. C'est en quelque sorte un instinct de survie, une pulsion d'auto-gestion des émotions. Mais cette stratégie est dangereuse...Or, tu peux la modifier. La boulimie, ça se soigne!

Verbaliser me semble essentiel. Venir en parler sur ce site est un premier pas, le forum peut t'apporter un réel soutien, mais fais-toi aussi accompagner en "chair et en os" : psychologues cliniciens, psys spécialisés dans les Thérapies Cognitivo-Comportementales, à toi de choisir.
En effet, verbaliser te permettra de comprendre et de changer progressivement, et durablement ton comportement alimentaire. Bien entendu, ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais la boulimie n'est pas une fatalité, c'est la réponse transitoire que tu as trouvée pour apaiser tes tensions et souffrances, mais il y a des alternatives.

Le forum peut parallèlement à ce suivi psy, t'accompagner, et t'aider à exprimer tes difficultés. Je t'invite à y déposer un message.

Ne te décourage pas! Tout cela va s'estomper petit à petit, et tu te réveilleras un jour le sourire retrouvé.

Calimera

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DEPRESSION et SUICIDE - A toi qui penses que c'est trop tard...

J’ai lu avec attention l’histoire qui est la tienne et que tu as pris le temps de me raconter…Tu m'écris que tu t'es battu souvent, que la vie ne t'as pas fait de cadeau. Voilà une histoire bien difficile. Je pose l’hypothèse que tu as un certain nombre de belles ressources au fond de toi pour avoir réussi à faire face durant toutes ces années.

Tu me dis que tu te sens inutile, que tu n’y arrives plus, que c’est devenu trop dur de tenir, et que tu penses au suicide…Tu me dis que tu es "vieux" et qu'il n'y a plus rien à espérer...Je comprends ton découragement, mais dis...tu n'as pas tenu aussi longtemps pour abandonner maintenant ? Ah non, pas tout ça pour rien !

Je suis persuadée qu'il y a dans ce monde, pas loin de toi, une poignée de personnes prêtes à t'aider. Je te souhaite de rencontrer des professionnels compétents et impliqués pour t'accompagner.

Tu as l’âge que tu as. C'est beaucoup et peu à la fois. Beaucoup de souffrance et de solitude. Mais il y a encore tant de possibilités. Du temps pour apprendre à guérir et commencer à aller mieux.
Continue à t’accrocher. La vie est aussi faite aussi de rencontres et de surprises, parfois tardives, mais elles arrivent.

En attendant, on est là.

Calimera

Pour m'écrire: boulianaATbouliana.com

Commence par déposer quelques mots...crie ou chuchote, c'est comme tu veux...

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